La réponse courte
Si vous ne devez lire qu'un paragraphe : la sérigraphie pour les aplats et les grandes
séries, la broderie pour le luxe discret et les pièces épaisses, le DTG pour la
photo en très petite série, le DTF pour le dépannage et les supports impossibles, et les
effets (puff, crack, flock, encres spéciales) pour la pièce qu'on achète parce qu'on
la touche.
| Technique | Idéale pour | Quantité | Rendu | Durabilité | Coût relatif |
| Sérigraphie | Aplats, logos, typographies, tournées | Dès 20–30 pièces, imbattable au-delà de 100 | Couleur dense, opaque, Pantone respecté | Excellente (50+ lavages) | € à l'unité, €€ de calage |
| Broderie | Polos, casquettes, sweats lourds, ton sur ton | Dès 1 pièce, prix stable en volume | Relief textile, perception haut de gamme | Maximale : le motif est du fil | €€€ |
| DTG | Photos, dégradés, séries très courtes | 1 à 30 pièces | Fin, main douce, moins dense sur foncé | Moyenne, s'affadit avec les lavages | €€ |
| Puff / crack / flock | Pièces à effet, drops, capsules | Séries sérigraphiées | Relief, velours, patine vintage | Bonne à très bonne | €€ |
| Transfert / DTF | Nylon, sacs, pièces techniques, urgences | 1 à quelques dizaines | Film déposé, contour visible en lumière rasante | Moyenne | €€ |
Le reste de ce guide explique pourquoi, et surtout comment éviter les quatre erreurs
qui font rater un marquage. Un devis part en quelques heures si vous préférez
qu'on arbitre sur votre projet réel.
La sérigraphie
Comment ça marche
Un écran par couleur. Le motif est insolé sur une toile tendue, l'encre est poussée à la
racle à travers les zones ouvertes, puis polymérisée au tunnel autour de 160 °C. Chaque
couleur du visuel est donc un écran, un calage, un passage : c'est là que se loge le
coût. Un logo deux couleurs et un visuel six couleurs coûtent la même chose à imprimer une
fois lancés, mais pas du tout la même chose à préparer.
Conséquence directe : le prix unitaire chute vertigineusement avec la quantité, parce que
les frais de calage se répartissent. Sur trente pièces, la sérigraphie est correcte ; sur
trois cents, elle n'a aucun concurrent sérieux, ni en prix, ni en densité.
Quand elle gagne
Sur les aplats : un logo, une typographie, un artwork graphique à couleurs franches.
L'encre est déposée en épaisseur, la couleur est vraiment opaque même sur textile noir, et
une référence Pantone est tenue au ton près, ce que ni le DTG ni le DTF ne garantissent.
C'est la technique historique du merch de tournée, et elle le reste : quand un artiste
imprime deux mille t-shirts pour une série de dates, la sérigraphie fait le travail avec une
régularité que rien d'autre n'offre. La même logique s'applique au
merch de club sportif, où les couleurs de blason ne
supportent aucune approximation.
Ses limites
Elle rate sur trois terrains. Les dégradés continus d'abord : la sérigraphie les
simule en trames, et une trame fine sur une maille épaisse se remplit ou se casse.
Les photographies ensuite : la simulation quadri existe et donne d'excellents
résultats, mais elle demande sept à huit écrans, un calage millimétrique et un budget qui ne
se justifie qu'en série. Les petites séries enfin : sous vingt pièces multicolores,
payer trois calages pour trois t-shirts n'a pas de sens. C'est exactement le territoire du
DTG.
La broderie
Densité de points et rendu
Une broderie ne s'imprime pas, elle se numérise : un programme définit le sens, la
longueur et l'ordre des points. Un logo poitrine standard tourne entre 4 000 et 12 000
points ; c'est ce chiffre, et non la surface, qui détermine le prix et le temps machine.
D'où une structure de coût inverse à la sérigraphie : une numérisation payée une fois, puis
un coût par pièce qui ne baisse presque pas avec le volume. La broderie est donc
souvent la plus chère en grande série, mais la plus intelligente en petite.
Le ton sur ton et le luxe discret
La broderie porte une valeur perçue qu'aucune impression n'atteint : elle a du relief, elle
accroche la lumière, elle survit au vêtement. Le geste le plus élégant reste le
ton sur ton (fil noir sur textile noir, blanc sur écru), où le logo n'existe qu'en
lumière rasante. C'est le registre des uniformes de maison et
du vestiaire de marque : on ne crie pas le nom, on le
signe. Sur polo, casquette, softshell ou sweat lourd, c'est aussi la seule technique qui
tienne vraiment le passage en machine pendant des années.
Ce qui ne se brode pas
Les dégradés fins, remplacés par des aplats de fil ; le très petit texte, qui
devient illisible sous 4 mm de hauteur de lettre, avec des contre-formes (le trou du a, du e,
du o) qui se referment ; les visuels très détaillés, qui deviennent des taches denses
et rigides. Autre point sous-estimé : une broderie dense sur une maille légère
gondole le textile. Un jersey fin de 140 g demande un stabilisateur adapté, parfois un
autre placement, ou franchement une autre technique.
Le DTG / impression numérique directe
Le DTG projette l'encre à base d'eau directement dans la fibre, comme une imprimante jet
d'encre sur du coton. Ses atouts sont réels : photographies, dégradés, illustrations à
mille couleurs, sans le moindre frais de calage, et une main très douce sur textile clair
parce que l'encre pénètre au lieu de se déposer. Pour une série de dix pièces, un artwork
complexe ou un prototype de collection, c'est la réponse évidente.
Deux réserves, à dire clairement. Sur textile foncé, la machine doit imprimer une
sous-couche blanche puis la couleur par-dessus : le résultat est plus rigide, un peu plus
mat, et le blanc de fond finit par transparaître aux plis. Et sur la durabilité, le
DTG reste en retrait de la sérigraphie : le visuel s'éclaircit progressivement au fil des
lavages. Il exige aussi du coton 100 % : un mélange polyester dégrade la tenue des
couleurs. Rien de rédhibitoire, à condition de le savoir avant de commander.
Les effets qui font vendre
Sur une pièce de merch, l'effet est souvent ce qui déclenche l'achat : c'est ce qu'on touche
avant d'acheter, et ce qu'on remarque en photo.
Le puff (relief)
Une encre sérigraphique qui gonfle à la chaleur et donne un relief net, un peu
caoutchouteux. Spectaculaire sur un lettrage épais, un monogramme, un logo poitrine. Ses
règles : traits d'au moins 3 mm, pas de détails fins (ils se referment en gonflant), et pas
de trame. Sur un hoodie de tournée, le puff transforme un logo banal en pièce désirable.
Le crack / vintage
Une encre conçue pour se craqueler en séchant, qui produit d'emblée l'aspect d'un
t-shirt porté depuis dix ans. C'est le registre du vintage assumé, très demandé sur le merch
musical. À ne jamais confondre avec une sérigraphie ratée : ici, la craquelure est régulière,
maîtrisée, et elle ne s'aggrave pas au lavage. Elle demande des visuels épais, pas des
typographies fines.
Le flock
Des fibres de velours déposées sur un adhésif, transférées à chaud. Rendu mat, doux,
légèrement épais, avec cette référence maillot d'époque immédiatement lisible. Idéal pour
des numéros, des noms, des lettrages larges. Beaucoup moins pour du détail fin, que la
découpe ne restitue pas. Le flock supporte bien le lavage, mal le fer à repasser posé
directement dessus.
Les encres spéciales
Métallique (or, argent, cuivre) pour les capsules et les éditions limitées ;
réfléchissante, invisible de jour et éclatante sous un flash, redoutable en photo de
concert ; glow in the dark, chargée par la lumière, qui fonctionne surtout comme
surprise sur une pièce d'événement. Toutes demandent une sérigraphie et un textile adapté :
ce sont des encres épaisses, qui aiment les aplats et détestent la finesse.
Le transfert et le DTF : à quoi servent-ils vraiment
Le DTF (direct to film) imprime le visuel sur un film, dépose une poudre adhésive,
puis le transfère à la presse à chaud. Sa force : il accepte tous les supports (coton,
polyester, nylon, mélanges, sacs, coupe-vent, pièces techniques), sans frais de calage et
avec une quadrichromie complète. C'est la technique du dépannage utile : dix polos avant un
salon, un lot de tote bags, une pièce impossible à passer sous une machine à broder.
Sa faiblesse est structurelle : le motif est posé sur le textile, pas dans le textile.
En lumière rasante, on voit le contour du film ; à la main, on sent une pellicule ; au bout
de trente ou quarante lavages, les bords peuvent commencer à lever. C'est parfaitement
acceptable pour de l'événementiel, une équipe de terrain ou un test de collection. Pour une
pièce vendue 60 € que le client portera trois ans, on préfère franchement la sérigraphie ou
la broderie. Un atelier honnête vous le dira avant, pas après.
- Quelle quantité ? Sous 20 pièces : DTG ou DTF. De 20 à 100 : sérigraphie si le visuel est simple, broderie si la pièce est épaisse. Au-delà de 100 : sérigraphie, sans hésiter.
- Quelle complexité de visuel ? Comptez les couleurs. Une à quatre couleurs franches : sérigraphie. Photo ou dégradé continu : DTG. Motif compact et lisible à petite taille : broderie.
- Quelle couleur de textile ? Sur clair, tout fonctionne. Sur foncé, il faut de l'opacité : sérigraphie avec sous-couche, broderie, flock. Le DTG sur noir reste possible, mais avec les compromis décrits plus haut.
- Quel budget, et pour quelle durée de vie ? Une pièce d'événement portée dix fois et une pièce de collection vendue en boutique n'appellent pas le même arbitrage. C'est souvent la vraie question.
Un dernier repère de méthode : le marquage textile n'est qu'une partie de ce que produit une
maison de merchandising. Le Studio fabrique aussi le phonographique : CD, DVD, vinyles
30, 25 et 17 cm, 140 ou 180 g, pressages couleur, pochettes gatefold, digipacks. Les règles y
sont différentes et il faut le dire nettement : le textile démarre dès 1 pièce, le phono
non. Comptez des minimums réels (de l'ordre de 300 exemplaires pour un vinyle noir ou un
CD, 500 pour un vinyle couleur) et des délais qui se comptent en semaines, pas en jours.
Un album et une capsule textile ne se planifient pas au même calendrier.
Ce qui fait rater un marquage
Dans notre expérience, les marquages décevants tiennent presque toujours à quatre causes, et
aucune n'est une fatalité.
Erreur 01
Le fichier mal préparé
Un logo récupéré sur un site web en 72 dpi, agrandi à 28 cm de large, donnera un contour flou quelle que soit la technique. Aucune machine ne réinvente une information absente du fichier.
Erreur 02
Le contraste insuffisant
Un gris moyen sur un textile anthracite disparaît en boutique et sur les photos produit. Le visuel doit être pensé pour la couleur du textile, pas transposé tel quel depuis une charte pensée pour le blanc.
Erreur 03
Le placement approximatif
Un marquage poitrine se cale généralement 7 à 9 cm sous la couture d'encolure, centré sur la largeur réelle de la taille produite. Un placement unique appliqué du XS au XXL décale visuellement toute la série.
Erreur 04
La matière incompatible
Broderie dense sur jersey fin, DTG sur polyester, puff sur maille très élastique : la technique doit être choisie avec le textile, jamais après lui.
Les specs de fichier que nous attendons, très concrètement :
- Vectoriel de préférence : AI, EPS, PDF ou SVG, polices vectorisées, tracés propres.
- Sinon bitmap à 300 dpi à la taille réelle du marquage, pas 300 dpi en timbre-poste.
- PNG à fond transparent pour tout visuel non rectangulaire.
- Couleurs en Pantone solid coated pour la sérigraphie et la broderie ; la conversion depuis un RVB d'écran est toujours une interprétation.
- Éléments séparés : logo, texte et fond sur des calques distincts, pour permettre les adaptations par technique.
Le BAT : valider avant de produire
Aucune pièce ne part en production sans bon à tirer. Nous envoyons une simulation du
marquage sur la pièce et la couleur exactes : dimensions du visuel en centimètres, placement
coté depuis l'encolure, références Pantone, technique retenue. Vous validez en ligne, en
quelques secondes, depuis un simple lien, sans compte à créer.
Ce qu'un BAT permet de rattraper avant qu'il ne soit trop tard : un logo 2 cm trop haut, un
bleu qui vire au marine, un texte trop fin pour la broderie retenue, un placement qui tombe
sur une couture. Une fois les écrans insolés ou la série lancée, plus rien n'est modifiable :
l'aller-retour de BAT coûte quelques heures, une série ratée coûte une production
entière. Sur les projets à échéance serrée, c'est aussi le document qui sécurise une
livraison en quelques jours selon la demande.
Ils ont fait confiance au Studio
Universal Music Group · SNEP · Believe · RCA · Play Two · Lucky Records · Official Charts · Fairmont Monte-Carlo · Sofitel New York
Le Studio Merchly est une maison de merchandising parisienne qui dessine et confectionne :
textile sans minimum de commande, et fabrication phonographique (CD, DVD, vinyles)
avec ses minimums propres. Nous accompagnons, à différentes étapes de la chaîne, le
merchandising d'artistes comme Gims, Tayc, Madonna, Joé Dwet Filé, Zaho, Miki ou
Disiz. Voir la page
merchandising d'artiste. Pour les
maisons et les marques, le Studio confectionne également des
uniformes haut de gamme et des
vestiaires de marque. Et pour
vendre sur le terrain, l'app d'encaissement Merchly,
affiliée au SNEP, encaisse en Tap to Pay sur smartphone, sans TPE, en moins de 1,3 seconde
par vente, jusqu'à +30 % de ventes constatées sur un stand.
Questions fréquentes
Quelle technique dure le plus longtemps au lavage ?
La broderie, sans discussion : le motif est constitué de fil, pas de matière déposée en surface, donc il n'y a rien à craqueler ni à décoller. Vient ensuite la sérigraphie plastisol bien polymérisée, qui tient couramment plus de cinquante lavages en gardant sa densité. Le DTG et le transfert DTF s'affadissent plus tôt, surtout sur textile foncé où la sous-couche blanche marque le vieillissement. Dans tous les cas, le lavage à l'envers, à 30 °C, sans sèche-linge, double la durée de vie visuelle d'un marquage.
Combien coûte la sérigraphie par rapport à la broderie ?
Les deux n'ont pas la même structure de coût. La sérigraphie facture une préparation par couleur (les écrans), puis un coût par pièce très faible : elle devient imbattable à partir de quelques dizaines de pièces et s'effondre en prix au-delà de cent. La broderie facture une numérisation du motif une seule fois, puis un coût par pièce indexé sur le nombre de points, qui ne baisse presque pas avec le volume. En fourchettes indicatives marché 2026, côté prix public, un t-shirt sérigraphié premium se situe entre 25 et 40 €, un hoodie brodé entre 55 et 85 €. Ce ne sont pas des tarifs du Studio Merchly : chaque projet part d'un devis remis en quelques heures.
Peut-on imprimer une photo sur un t-shirt noir ?
Oui, à condition d'accepter une sous-couche blanche. Sur textile foncé, le DTG et le DTF déposent d'abord un blanc opaque, puis la couleur par-dessus : la photo ressort, mais la main est plus présente, les noirs de l'image tirent vers le gris du textile, et le contour du blanc doit être géré proprement au fichier. Pour une photo en grande série sur foncé, la simulation quadri en sérigraphie donne un rendu plus profond et plus durable. Le vrai arbitrage se joue au bon à tirer, sur la matière réelle.
Quel fichier fournir pour un marquage ?
Idéalement un fichier vectoriel (AI, EPS, PDF ou SVG) avec les polices vectorisées et les couleurs déclarées en références Pantone solid coated : c'est le format qui permet sérigraphie, broderie, flock et découpe sans perte. À défaut, un fichier bitmap à 300 dpi à la taille réelle du marquage, en PNG avec fond transparent. À éviter : le JPEG issu d'un réseau social, la capture d'écran, et le logo récupéré sur un site web à 72 dpi. Le Studio reprend et prépare les fichiers avant production, puis renvoie un bon à tirer à valider.
Pour aller plus loin : le merchandising d'artiste
détaille les pièces et les drops, le vestiaire de
marque et les uniformes de maison couvrent les
projets d'entreprise, le merchandising sportif traite les
clubs et les athlètes, le Journal rassemble nos autres guides, et
le Studio reste la porte d'entrée de tous les projets.